Uncategorized

5 fêtes insolites qui ont marqué l’Histoire de Paris

Le musée Carnavalet se prépare à vous faire redécouvrir le 10 septembre prochain le Carnaval de Paris, une fête incontournable qui a animé chaque année pendant des siècles la capitale. Pour l’occasion, j’ai décidé de vous faire revivre quelques fêtes parmi les plus insolites du Carnaval de Paris. En effet, la fête est indissociable de l’Histoire de notre capitale et il est certain que nos ancêtres parisiens étaient des fêtards… plutôt déjantés.

La fête des fous : l’ancêtre trash du Carnaval de Paris

La fête des fous, que l’on appelait aussi fête des innocents (un nom bien trompeur ) avait lieu le jour de la circoncision de Jésus c’est-à-dire en janvier. Son origine remonte au Xe siècle et elle s’est progressivement étendue du clergé à la rue. Le concept ? C’était le jour de débauche générale de l’année et il donnait lieu à des cérémonies pour le moins… surprenantes. Les prêtres, masqués et travestis dansaient et chantaient des obsénités, d’autres optaient plutôt pour un festin de boudins et saucisses sur l’autel. Les soeurs n’étaient pas plus sages, certaines se couvraient la figure de masques à crins barbus (des barboires).
Le temps fort de la fête était l’élection d’un « évêque des fous » voire d’un « pape des fous » qui occupait le siège épiscopal le temps des festivités. Ensuite, la fête continuait dans la rue. Certains ecclésiastiques jetaient de la boue et des ordures sur la foule qui les suivaient, d’autres installaient des tréteaux sur lesquels ils mimaient des coïts endiablés. Enfin certains ne se privaient pas pour entrer chez les gens et mettre des fessées à ceux qu’ils trouvaient dans un lit. Malgré de nombreuses tentatives d’interdiction de l’Eglise, c’est finalement le temps qui a finit par avoir raison de ce jour de débauche générale.

La descente de la Courtille : une parade très très alcoolisée

Cette parade faisait partie des cortèges centraux du Carnaval de Paris au XIXe siècle. Elle réunissait les clients alcoolisés des guinguettes de Belleville où l’on servait le ginguet, un vin aigre auquel elles doivent leur nom. Déguisés, ils dévalaient la colline de Belleville (située à l’extérieur de Paris à cette époque) pendant la nuit du mardi gras au mercredi des Cendres en hurlant et en jetant des objets.
Cet évènement toujours bruyant et alcoolisé prit une forme organisée à partir de 1822. A Belleville, des fêtards eurent l’idée de rentrer en parade dans Paris. Ils passèrent devant ceux qui sortaient des guinguettes de la Courtille (un célèbre lieu de plaisirs situé à l’emplacement de l’actuel boulevard de Belleville) qui se joignirent en masse à la parade. A partir de cette date, cette fête a réuni chaque année toujours plus de participants… et de spectateurs dont certains louaient très cher leur place aux fenêtres situées sur le parcours de la parade.

Le boeuf gras : le point culminant du Carnaval

Les boeufs avaient aussi leur place dans le Carnaval, mais à leurs dépends. Pour la fête du boeuf gras, dont on ne connaît pas bien l’origine, un boeuf (le plus beau) déambulait dans les rues de Paris le jour précédant le mardi gras. Il était sélectionné à l’issue d’un « casting » dont les membres du jury n’étaient autres que l’inspecteur général des halles et des marchés, quatre principaux inspecteurs, deux facteurs et deux bouchers. Ce boeuf gras parcourait les rues de Paris accompagné de toute une procession et d’un char avec des personnes déguisées en dieux mythologiques. On plaçait même un enfant sur le dos du boeuf gras… jusqu’en 1812, date à laquelle un boeuf récalcitrant a jeté au sol l’enfant et s’est enfuit en se ruant sur la foule. Malgré tous ces honneurs, ce boeuf gras connaissait un triste sort :  après avoir été admiré par des milliers de spectateurs (on menaçait même les enfants de ne pas y assister), il finissait à l’abattoir avant d’être dévoré par certains de ses admirateurs. Mais ce n’est plus le cas depuis la renaissance de la promenade du boeuf gras en 1993.

La mi-carême : une fête des femmes et des étudiants

Cette fête qu’on appelait aussi fête des blanchisseuses est l’une des principales fêtes du Carnaval de Paris. Comme son nom l’indique, elle avait lieu à la moitié de la période du carême et pouvait durer jusqu’à six jours d’affilée. Le point culminant de cette fête était l’élection de la reine des blanchisseuses : une reine était élue dans chacun des lavoirs de Paris puis une reine des reines était élue à son tour. Ensuite tout le monde défilait et faisait la fête. A partir de 1893, cette fête devient aussi celle des étudiants parisiens, rassemblés au sein de l’armée du chahut qui est le nom carnavalesque qu’ils ont choisis lorsqu’ils ont rejoint le cortège de la mi-carême. Ils terminaient la fête par un grand bal qui est devenu  une véritable tradition.

Le bal de l’opéra : le plus chic des bals du carnaval de Paris

Comme beaucoup de festivités, le carnaval de Paris se terminait par une multitude de bals dans tout Paris que vous n’auriez certainement pas voulu manquer à l’époque.  Sous la restauration, 400 soirées rassemblaient plus de la moitié de la population parisienne. Le plus célèbre de ces bals était celui de l’Opéra de Paris, créé en 1715 par une ordonnance royale. Il avait lieu deux fois par semaine après minuit dans des endroits somptueux comme l’opéra le Peletier ou encore l’opéra Garnier décorés par les soins de la maison du roi. Pour rester dans le thème du carnaval, ses participants devaient venir masqués voire déguisés. C’était alors l’occasion idéale pour les gens de la haute société qui venaient s’encanailler avec le peuple de Paris. Marie-Antoinette y est même venue incognito avec le compte d’Artois. Même s’il a été supprimé en 1920, il semblerait que ce bal ait lancé la mode des bals masqués.

Alors, vous êtes prêts pour découvrir à votre tour le Carnaval de Paris ? RDV le 10 septembre au Musée Carnavalet.

Leave a Reply